Le château de Blanquefort

       

L'habitude était d'installer les forts sur des mottes (Fort sur Motte) , le rendant difficilement prenable.

Mais pourquoi un fortin de bois en bas d'une colline ?.

L'installation du fort de Blanquefort sur une plaine est de prime abord totalement inattendue. En fait la région n'était qu'un vaste marécage avec juste affleurement de mollasse près d'une colline. Le seul chemin d'accès pour le Médoc passe aux abords de ce rocher. Il n'en fallait pas plus pour y ériger une tour en bois. Il protégeait donc la voie d'accès principale du médoc et servait aussi de point de péage obligé pour le seigneur local.

On pense que ce fort a été érigé dans la période du néolithique, il y a environ 5000 ans et était l'un de ces sites fortifiés ayant pour rôle la protection de l'Estuaire. (Il faisait simplement partie d'un réseau de surveillance des lieux d'embarquement, de gué et de voie de passage. (Ne pas oublier les incursions saxonnes).

- Le terme Médoc, dont l'origine semble antérieure à la conquête romaine, désigne tout simplement le pays du milieu ou "pagus medulorum", où vivait une tribu d'autochtones celtes les Medulli. Au Moyen-âge, on trouve une région déserte couverte de landes à l'extrême nord et plus au sud, des forêts, des prairies marécageuses et surtout des terres à seigle (ségalas). Au milieu de tout cela, quelques îlots viticoles autour des prieurés (Macau, Cantenac, Vertheuil, l'Abbaye de l'Isle) et des seigneuries (Castelnau, Lesparre, Latour et peut-être Blanquefort ). Les rares textes font état d'un liseré viticole, au Sud, de Blanquefort à Saint Médard. Dès le XVIe siècle, notables du Parlement bordelais et négociants constituent de véritables propriétés.

Ensuite la tour en bois a été remplacée au XI°siècle par un donjon rectangulaire en pierre blanche avec toujours une palissade en bois ceinturée par des douves et faisait partie du réseau de défense des grandes chatelleries de Lesparre( triangle médocains)., Castelnau, Bourg, Blaye, Conac, Talmont, Didonne et Royan

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C'est de cet époque qu'on peut attester de l'existence des seigneurs de Blanquefort. Aux XIIè et XIIIème siècle ce lignage s'étend jusqu'au Bassin d'Arcachon.

La zone marécageuse fut assainie au XVIIe Après une période de repli à l'intérieur des murs du "castrum" gallo-romain, Bordeaux connut une expansion presque continue à partir du XII° s. L'accroissement se fit du côté sud-est car cela n'était guère possible ailleurs sur les terrains marécageux se trouvant à l'ouest et au nord

 

En 1247 des travaux sont effectués. La branche directe de la famille s'étant éteinte vers 1214, faute de descendance masculine, une partie de la seigneurie fut acquise par le roi d'Angleterre Henri III en 1257 ; l'autre moitié fut achetée en 1270 par le Prince Édouard, à Alaïs d'Arsac, dame de Blanquefort, le roi-duc anglais avait compris l'importance stratégique de ce château du fait de la proximité de Bordeaux

 

Fin du XIIIe siècle : Sous Édouard Ier, duc de Guyenne et roi d'Angleterre de 1272 à 1307, la palissade fut remplacée par une enceinte de pierres renforcée de tourelles, et six grosses tours s'ajoutèrent au donjon primitif. Actuellement, on peut encore admirer quatre de ces tours.

 

Puis Édouard Ier céda la forteresse à son créancier Bertrand de Goth, neveu du Pape Clément V. Enfin, le château entra dans le fief de la famille Durfort (seigneurs de Duras et Villandraut).

Le château prit une valeur stratégique renforcée lors de la conquête de la Guyenne par les armées de Charles VII en 1452-1453; Blanquefort, assiégé et réduit lors de cette conquête, fut donné en 1455 à Antoine de Chabannes, grand capitaine de guerre. Celui-ci en fit un verrou contre un éventuel retour des Anglais par le Médoc, avant 1463, où intervint sa disgrâce par Louis XI. Trois ans plus tard, le comte de Dammartin revenait en grâce; mais le roi, conscient de l'importance de la place, renforcée par Chabannes entre 1455 et 1463, l'échangea contre diverses possessions en Île-de-France. Dès 1466, le roi la cédait à nouveau, et en 1476 elle revenait à Gaillard IV de Durfort. Cette branche familiale la conservera bon gré mal gré jusqu'à la Révolution Française.

Son rôle stratégique s'était éteint; elle ne devait plus jouer qu'un rôle local. Mais au XVIIème siècle la forteresse fut abandonnée et semble-t-il démantelée.

                             

Dernières modifications survenues durant le XVe siècle : Étant donné l'évolution de l'artillerie, la forteresse dut subir de nouvelles modifications. Le bâtiment central fut transformé en lieu de résidence plus agréable. Une tour fut modifiée en escalier d'honneur, et des fenêtres à meneaux y furent percées vers l'extérieur. Deux grosses tours d'artillerie vinrent renforcer l'enceinte externe. Les anciennes archères furent aménagées pour recevoir des armes à feu ou servir de trou de visée.

A noter également :
· L'épaississement de l'ensemble de l'enceinte extérieure, pouvant atteindre plus de 5,5 mètres dans la tour nord.
· De véritables guérites à canons possédant un trou d'évent.
· Un angle mort fut aménagé pour éviter que le soldat ne soit blessé par les éventuels éclats dus à une explosion de la couleuvrine.

Ces dernières modifications furent l'œuvre d'Antoine de Chabannes, comte de archevêché (1408-1488), qui avait reçu la forteresse en donation. Celle-ci ne sera restituée à Gaillard IV de Durfort qu'en 1476
Les vestiges se composent d'un vaste donjon rectangulaire de 18 mètres sur 10, flanqué de six tours rondes de la fin du XIIIème siècle. L'enceinte mesure 180 mètres et date du XIIIème siècle. Mais à partir de 1465 elle est en partie reconstruite. D'autres travaux furent effectués à la fin du XVème siècle. On édifia deux grosses tours à canons avec deux étages de salles voûtées. Une porte fut percée dans le donjon central

 

L'église de Blanquefort

Saint Martin :
Dans son état actuel c'est probablement le cinquième édifice religieux construit sur le même site en près de 20 siècles de foi dans la commune. Néanmoins, seule une absidiole romane subsiste des édifices précédents. Trois architectes se sont ainsi succédés pour reconstruire l'église Saint Martin ( Blanchard, Corcelle, Avril ). S'étant écroulée presque entièrement le 22 janvier 1789, malgré des actions d'entretien elle ne fut réédifié qu'à partir de 1806 et les travaux se prolongèrent jusqu'en 1871-73 dans un style Bordelais très classique de la fin du siècle précédent. Entre temps, le clocher fut détruit par la foudre en 1823 alors qu'il se trouvait dans le prolongement de l'ancien coeur de l'église, en tour indépendante évoquant une architecture de phare ( son concepteur, A. archevêché était un spécialiste de phare ) . Grâce à une campagne de fouilles en 1984, deux sarcophages mérovingiens furent mis à jour, mais seul l'un a pu être dégagé, l'autre se trouvant à une trop grande profondeur ; par ailleurs, un chapiteau roman s'apparentant à ceux de l'église de Bassens fut découvert et récupéré alors qu'il servait de calage à l'un des piliers de la nef.

Blanquefort et les templiers

Voici une liste des commanderies référencées régionales

- Bordeaux, "Puy Paulin", Bordeaux, Commanderie principale, reste la rue du Temple.
  Blanquefort  Commanderie

  Artigues, Bordeaux, Commanderie
- Arveyre, Bordeaux, Commanderie principale, maison , grange, il ne reste que la chapelle.
Martignas sur Jalles, Commanderie, reste chapelle