Gironde

De damier argent et d'azur de 8 pièces, au chef de gueules chargé d'un léopard d'or et lampassé d'azur.

Le blason de la Gironde est parlant par le "gironné" qui le compose. Le chef est aux armes de l'ancienne province de Guyenne, dont Bordeaux, chef-lieu du département, était la capitale.

BLASON DE LA GIRONDE

 

  Le commencement
 

20 000 ans Av J.c, Bordeaux présentait des falaises calcaires de huit mètre de hauteur, la population aquitaine était constituée de nomade. Il n'y a pas de trace de sédentarisation. Les autochtones vivaient de cueillette et de chasse en suivant les migrations.
Vers 6000 Av J.c les hautes falaises se sont doucement érodées, pour donner le relief connu aujourd'hui.

 
 

Nous nous trouvons face a un fleuve boueux; La terre est marécageuse d'ou émerge quatre collines.

Un petit estuaire est créé par l'embouchure de la deveze.

Du fait de la proximité de la mer, le fleuve est sujet à la marée.

 
       
  De — 6 000 à — 3 000 av. J.-C, on peut voir une sédentarisation bordelaise. Les forêts de chêne originelles montrent des zones de déboisement et une culture apparaît dans les clairières (Nous sommes à la fin du Néolithique)  
 

Durant l'Age du Fer, vers le VIème siècle avant notre ère, l'agriculture, notamment céréalière, et l'élevage s'intensifièrent.

Une bourgade occupait le Puy-Paulin où l'on a pu observer une occupation humaine continue depuis cette époque jusqu'à nos jours.

Cela met fin à la question de la création de Bordeaux par les bituriges vivisques.

Bien avant l'invasion de la France par les celtes, une population protoceltique existait. Pour ôter toute confusion nous les appellerons les aquitains mêmes si cette population disparate sera rapidement formée de celtes, d'ibères et d'autochtone comme nous le verrons un peu plus bas.

 
     
 

L'Aquitaine n'échappe pas à l'influence de la culture du Hallstatt, d'abord par le commerce et aussi par la force. Cela se traduit par la migration massive de celtes fortement militarisés. La première vague de migration, au VII°siècle ou VIII° siècle av J.C, amena les celtes à franchir les Pyrénées et pénétrer dans la péninsule ibérique. Les celtes se fondirent avec les ibères autochtones formant le peuple celtibère.

De -600-300 av. J.-C. :les celtibères et les celtes viennent se mêler

- aux aquitains dans le sud ouest

- aux ligures dans le sud est

A noter la prise de Rome en - 390 (Oies du Capitole).

Historiquement, l'Aquitaine était une grande entité, entre Loire et Pyrénées comme on peut le voir ci dessous .

 
   
 

L' Aquitaine fut occupée par de nombreux peuples différents. Les Sotiates dans le Lot-et-les Garonne,les Vocates et les Vasates dans le Basadais, les Tarusates entre l'Adour et le Gave de Pau, Tarbelles dans la région de Bayonne et de Dax, les Elusates dans la région d'Eauze et les Aussi dans la région d'Auch en sont les principaux.

A Bordeaux ce sont les bituriges vivisci (Pour se départager des bituriges de Bourges) et dans le Médoc les médulli.

 
 

 

Les guerres puniques

-218 : le phénicien Hannibal, à la tête d'une armée de 60.000 hommes et 37 éléphants, longe la Méditerranée pour marcher sur Rome (qui dispute à Carthage lors des guerres puniques la suprématie sur l'Espagne), mais laisse sur ses derrières un corps de troupes sous les ordres d'Hannon pour assurer son retour en cas de revers ; une autre colonne serait passée par Toulouse. Les Ligures s'allient aux Carthaginois contre Rome. Les celtes, mercenaires renommés, se joignent aux troupes d'Hannibal.

 

Hulton Deutsch Hannibal Hannibal, ayant entrepris de gagner l'Italie par voie de terre, aurait perdu la moitié de son armée en franchissant les Pyrénées et les Alpes.

   

En - 200, les bituriges vivisques fondirent Burdigala au confluent de trois fleuves :

          - La Deveze

          - Le Cauderan 

         -  Le Peugue. 

 
   
  Burdigala fut une petite ville avec un port intérieur et un palais. Le commerce se fait sur la rive fangeuse de la Deveze où arrivent de Corbilio sur la Loire, les Gabares remplit d'étain dont on fait le bronze. En contrepartie l'Aquitaine fournit le blé, le bois et la résine. De Narbonne viennent les précieuses amphores de vin italien. Ces celtes oublient doucement leur culture guerrière pour adopter les douceurs de la civilisation romaine.  
     
 

-121 : Après avoir détruit Carthage (-146), les Romains battent les tribus ligures et celtes et s'emparent des territoires Volces (ou Volques) Tectosages jusqu'à Tolosa pour créer entre Provence et Espagne la PROVINCIA, Province Romaine (ou Braccata, parce qu'ils y avaient trouvé l'usage des braies, ou hauts-de-chausses).

 En -118, après la conquête, Domitius fonde Narbo Martius (Narbonne), principale colonie romaine ; la via domitia longeant la côte méditerranée relie Rome à l'Espagne. Le pillage de la Provence par les Romains crée des révoltes. 

 
   

En -107/-106, Toulouse se révolte

 
     
 

De -105 à -101, des colonnes de Cimbres, de Teutons et d'Ambrons, originaires du Jütland, pillent le Sud de la Gaule, pour être anéanties par les Romains ; 2 tentatives de conquête de l'Aquitaine (qui appartient alors à l'espace indéterminée d'Armorique) par Preconinus et par Manilius. Création des oppidums gaulois/celtibères, et accord conclus entre les Romains (de Narbonne) et les Nitiobriges (d'Agen). Les Gascons chassés du sud des Pyrénées par Pompée (qui conquiert le nord de l'Espagne), s'installent à Lugdunum Convenarum (St Bertrand de Comminges).

 

De -100 à -1 : la conquête de César et de Crassus

César prend prétexte d'une menace d'émigration des Helvètes (qui fuient les germains d'Arioviste) vers l'Aquitaine pour intervenir avec ses 30.000 légionnaires.

 
     
  - 56 : Crassus, jeune lieutenant de César (mais qui fera parti du triumvirat), après le siège victorieux de Sontiatum oppidum (Lectoure ?) et de Bigaar près de Tartas, bat les tribus indigènes à Sos (Lot & Garonne) en -55 ; soumission des peuples d'Aquitaine. L'Aquitaine, qui est distinguée du reste des Gaules, pourrait signifier soit "Pays des Eaux" (mais pourquoi Aqua-terra se serait transformé en Aqui-terra ?), soit "Terre d'Ask" (Aski-terra). Elle s'étend alors des Pyrénées jusqu'à la Garonne. Strabon prétend que les Aquitains, par la forme du corps et la langue, ressemblent plus aux Ibères qu'aux autres peuples de la Gaule. Il semblerait que peu d'Aquitains (si ce ne sont des cavaliers, du nord de la Garonne, sous la conduite de Teutomare ou Teutomatus ?) se soient portés au secours du chef gaulois Vercingétorix lors de la révolte gauloise de -52 ; zone de résistance dans le Lot par les Cadurques à Uxellodunum (Puy-d'Issolud) jusqu'en -51. Selon certains, la guerre aurait pu faire 0,5M à 1 M. de victimes (sur 5 ou 10 M. d'habitants). Agrippa (Vipsanius) réduit une rébellion en Aquitaine. En -35, répression d'une révolte d'Aquitains par le consul Valerius Masséna qui achève la conquête de l'Aquitania (-27), qui à l'époque s'étend des Pyrénées à la Garonne. La Narbonnaise est province sénatoriales (SPQR) depuis -22, ce qui signifie que la présence de la légion n'est plus nécessaire pour assurer la "pax romana

CESAR

 

Les Romains arrivent

      Lorsque Rome, alors omnipotente, décida de pousser sa conquête plus avant, les peuplades locales furent incapables de s'opposer à la cohésion des légions romaines et ne purent résister à Crassus, lieutenant de César, qui en 56 avant J.C. obtint la soumission de l'Aquitaine toute entière, suite à son triomphe de Bigaar, près de Tartas. Une ère de prospérité allait s'ouvrir pour les vaincus, qui adoptèrent la langue, la religion et les mœurs de leurs vainqueurs. Auguste, de passage à Dax, organisa l'Aquitaine en province romaine, l'étendant de la Loire aux Pyrénées. L'influence de la planification voulue par les nouveaux conquérants allait se faire sentir sur tout le territoire gascon, jusque-là inorganisé. A la fin du Ier siècle de notre ère, la «romanisation» était effective. Dans l'unité territoriale autonome constituée vers l'an 15, les communes ou municipes eurent le droit et le pouvoir de s'administrer à leur guise. La Novempopulanie était en formation.

 
 

La Novempopulanie (ou territoire des 9 peuples)

      La Novempopulanie naquit à la fin du II ème siècle de l'Aquitaine ibérique, laquelle s'était séparée de ses peuplades celtes, désormais constituées en Aquitaine seconde, avec Bordeaux pour capitale. Dans le pays des neuf peuples (Tarbelles, Vasates, Elusates, Convènes, Ausques, Consoranni, Lactorates, Boiates, Illuronenses), la cité, formée du chef-lieu et du secteur en dépendant, constitua l'unité administrative de base à l'image de Lectoure. Les agglomérations quittèrent les hauteurs pour s'établir dans les vallées et les plaines. Connaissant un beau développement Elusa devint la capitale de la Novempopulanie. Celle-ci, semblable aux autres provinces de l'Empire, ne compta pas moins de douze cités (dont Augusta Auscorum, Auch) à la fin du IV ème siècle. Le latin, langue officielle, fut bientôt admis par la population. Dans les zones rurales subsistèrent toutefois les anciens dialectes, parfois fort différents.

 
 

de 001 à 100 : province sénatoriale et province impériale

Au tout début du premier siècle sous l'empereur Auguste, les urbanistes romains construisent la ville autour du Cardo et du decumanus, larges voies empierrées perpendiculaires servant de guides aux villes romaines. La ville s'étend sur toutes les collines proches qui émergent des marécages évitant les bords paludéens de la Divona (Deveze), de l'Odeia (audege) et du Peugue.

  Sur le mont judaïque s'éleva le temple d'Auguste entouré de portiques. Il domine de son aura la place publique du forum, la basilique et la curie ou se fait l'apprentissage de la vie municipale. L'apport en eau se fait par des aqueducs ravitaillant les fontaines et les piscines des premiers thermes.  
  L'histoire du quartier Saint-Pierre commence à l'époque gallo-romaine, quand Bordeaux n'était encore qu'un port. L'ancien port fut remblayé au XIIe siècle. Les quais furent reportés vers le Sud, au débouché d'un autre estey. En 1832, on découvrit, sous la place Saint-Pierre, une statue d'Hercule, en bronze, qui devait décorer l'entrée du port alors aménagée à l'embouchure d'un estey. Cette statue est aujourd'hui l'une des plus belles pièces du musée d'Aquitaine.  
  Les droits sur les vins italiens sont lourds et Burdigala de 40-60Av JC décide d'importer des plants des cotes de l'Adriatique. C'est ainsi qu'apparaissent les premières villas spécialisées dans les vendanges et la presse du raisin dans le Saint Emilion, l'Entre deux mers et le Médoc. La coutume celte du "client" continue et les fermiers viennent régulièrement payer leurs fermages aux grands propriétaires terriens occupant les siéges du conseil municipal de Burdigala.  
 

68 : Soulèvement vite réprimé du gallo-romain Vindex, gouverneur d'Aquitaine et libéral, contre le dictatorial Néron (qui crée de nouveaux tributs). En 70, Bordeaux devient capitale de toute l'Aquitaine. Sous Trajan, l'empire romain est à son apogée territoriale.

 
  Ces notables enrichis par la vigne et le négoce réclame le statut de capital de la province aquitaine à Burdigala,. Au II°Siècle Burdigala plus grande, 126 hectares, plus belle et plus riche que Saintes devient capitale administrative de l'Aquitaine. Ses commerçants assure ainsi à la ville sa promotion politique en obtenant ainsi le droit de municipe.  
 

C'est ainsi qu'un autel lui fut dédié exaltant sa majesté ainsi que le génie des Bituriges Vivisques.

 
  Avec le commerce Burdigala devient une ville cosmopolite ou l'on rencontre des marins bretons, tisserands ruthènes, des orientaux de Nicomédie, des espagnols de Tarazona ou de Bibilis, des gens de Trèves.  
  La ville devient tellement opulente que les voies menant au Médoc ou la Garonne sont utilisées par les notables et marchands comme nécropole. Cependant les pauvres n'ont d'autres choix que de se faire incinérer et de répandre leur cendre sur le sol de la Terre nègre. On retrouva de cette époque les portraits réaliste du sculpteur Amabilis montrant tout l'orgueil de ces notables.  
  Burdigala devient une petite Rome même si les celtes ont amalgamé leur religion avec les dieux du Panthéon Romain. Ils continuent à vénérer Divona (la source sacrée). Toutefois la tolérance romaine est en vigueur et de nombreux cultes étrangers y sont de mises.  
  Sous Adrien (117-138),  division de l'Aquitaine en trois avec Bourges, Bordeaux et Eauze comme capitales.  
  La ville fut particulièrement prospère sous la dynastie des Sévères (193-235), elle englobait alors le mont judaïque, actuel quartier Saint-Sernin. L'occupant romain apporte la prospérité à la ville et reçoit ainsi un soutien inconditionnel de l'élite biturige et méduliennes. Cela fut renforcé par la Constitution Antonine promulguée en 212 par l'empereur Caracalla fils de Septime Sévère qui donne droit de cité romaine à l'ensemble des citoyens libres de l'empire.
    Au début du III°siècle est crée un nouveau forum : les piliers de Tutelle.
         
    Puis un amphithéâtre, le palais Galien est crée où gladiateurs et fauves se déchirent pour la grande joie des spectateurs.
   
  Ce début de siècle est prospère pour l'Aquitaine ; exploitation de l'or et du marbre pyrénéen, du fer et du textile du Périgord, du blé et du fromage, des chevaux, de céramiques. La langue latine et la vigne s'implantent.
  Les taxes sur le commerce du vin sont lourdes et il est décidé de ramener d'Albanie des plants de Basilica (rebaptisé Biturica) résistant au climat aquitain. C'est sans doute l'origine du Cabernet.  
  Des villas gallos romaines s'implantent et couvrent les graves de vigne. La forêt abondante occupe encore les espaces sablonneux, tandis que l'on commence à assécher les marécages.  
  Le christianisme, en concurrence avec d'autres religions, se répand par Aix et Bordeaux (St Martin sur la Loire, St Martial à Bordeaux, St Front à Périgueux, St Saturnin à Toulouse vers 250, St Amateur à Cahors et Rocamadour, St Orens à Auch, St Léon à Bayonne).  
  Le commerce est très florissant mais non à l'abri des naufrages comme l'atteste la présence d'un bateau au fond de la Garonne qui coula en 160 ap. JC avec 4000 sesterces à bord.  
  Hélas, l'ardeur guerrière s'estompa singulièrement devant les nouveaux plaisirs de la civilisation. Forts de la puissance de l'Empire romain les peuples de la province s'abandonnaient aux premiers signes de la décadence La sécurité générale n'était en fait que trompeuse apparence. En 275 déjà, des tribus ibères avaient franchi la passe de Roncevaux pour saccager la contrée de Bordeaux à Dax. Les Romains, sous l'impulsion d'Aurélien, décidèrent alors de fortifier les cités et de créer l'infrastructure de défense qui manquait à la Novempopulanie. Pendant plus d'un siècle, ils défendirent encore la province contre les hordes germaines qui exerçaient des harcèlements continus et de plus en plus hardis sur les frontières de l'Empire.  
  Vers 257-258 : raid des Francs (passant par Narbonne, jusqu'en Espagne).   
  En 260-274, constitution d'un royaume gaulois jusqu'au nord de la Garonne.  
  Après la paix romaine, Burdigala subit aussi les premiers troubles subits par l'Empire Romain. (Troupes non payées, incursions barbares et succession d'empereur au règne éphémère). Ainsi en 269 le grand père d'Ausone fuit la ville d'Autun pour se réfugier à Dax, poursuivi par les troupes de l'empereur gaulois Victorinus. Pour essayer de se protéger de ces temps troublés, Burdigala nomme en 270 son gouverneur Tetricus empereur pour un court règne. Finalement le calme revient en 274. Mais une menace sourde fait enfouir les fortunes des notables dans toutes sortes de cache : Les barbares germaniques.  
  En 275, une horde de vandales ibères passent Roncevaux et saccagent la contrée, mais ne s'y arrêtèrent pas.  
  En 276, raid des Alamans, qui choque les esprits : Bordeaux est prise et rasée. Les barbares n'ont mêmes pas respectées les nécropoles. Les villes s'entourent de remparts et se rétrécissent, alors que l'aristocratie foncière se réfugie dans ses villae (comme à Montmaurin), qu'elle fortifie (prémices des châteaux). Forte augmentation des impôts, surtout auprès des laboureurs. 285-287 : les Bagaudes, bandes de paysans et de citadins ruinés et révoltés, dévastent la Gaule pour être finalement maîtrisés par Maximien.  
     Puis en 286 sous Dioclétien (284-305), une nouvelle administration impérial est crée. Elle regroupe les provinces en diocèses gouvernées par des vicaires ; la VIENNENSIS s'étend de Nantes à Nice. Il s'agit avec le recul de la première intégration du Sud-ouest ou du Sud de la France.  
 

La ville est protégée par un rempart de 10 m de haut sur 5 m d'épaisseur et de 2300 m de long. Un plan d'eau intérieur est crée, alimenté par la Déve canalisée et s'écoulant par douze bouches de bronze. Le port est protégé par un rempart et les bateaux n'y peuvent pénétrer que par la porte navigere. 

 
  La vieille ville romaine du III° siècle est de forme rectangulaire. Cette ville fortifiée porte un nom particulier : le CASTRUM. Il était protégé par une muraille avec cinq portes, dont la porte Saint-Eloi. Ses rues étaient droites et perpendiculaires entre elles.  
   
  Fin du IIIème, début du IVème siècle, les romains évacuent les Pyrénées et établissent un limes sur l'Adour et les Gaves (forteresse principale : Bayonne ou Lapurdum). Les gouverneurs militaires aux frontières portent le titre de duc (dux) ou de comte (administrateur d'une cité).  De persécutés, les chrétiens deviennent tolérés.  
  Sous Constantin en 325, la ville est devenue le siège du vicariat (préfecture régionale). Mais la ville remparée ne fait que 31 hectares. Elle est faite de rues étroites et de place étriquée ou vit une population grouillante et bruyante vivant au sein d'un perpétuel vacarme dans d'énorme embouteillage. Les salles de cours sont envahies par les étudiants venus écouter les maîtres réputés tel Ausone. Ce riche professeur, membre du conseil municipal possède en Aquitaine de nombreux domaines dont l'un est installé sur les coteaux de Saint Emilion. Sa table est réputée ainsi que son cuisinier Sosius. sa vie est empreinte de chasse et de pêche (sanglier, colvert, grives, moules, huîtres et alose.). La religion officielle depuis 325 est le christianisme même si certains persistent à adorer Bacchus. A paques les chrétiens envahissent l'église de Saint Étienne hors les murs. Commença alors une guerre religieuse.   
  En 382, le christianisme devient religion d'État, les temples des autres religions sont fermés.  
  L'évêque Delphin défenseur de l'orthodoxie fait condamner en 384 par le concile de Bordeaux l'hérétique Priscillien évêque d'Avila qui sera décapité un an plus tard. Urbica, adapte de l'évangile priscillianisme ( chasteté et continence) est lapidée en 386 par une foule fanatisée. Pendant ce temps en Italie, le bordelais Paulin de Nole dénonce dans ses lettres la tiédeur le la foi à Burdigala.  
   

En 395, l'Empire romain est divisé en deux (administrée par Rome et Constantinople) ; c'est le Bas Empire.

La VIENNENSIS est divisée en 7 provinces

    Puis, vinrent les Wisigoths. Les Wisigoths, qui s'étaient emparés de Rome en 410, s'établissent en Narbonnaise en 413. Le roi Wisigoth Ataulphe (ou Athaulf 409-415) se marie à Narbonne en 414 avec Placidia (de la famille impériale romaine, capturée à Rome) puis conquiert l'Aquitaine IIème, et s'établit à Bordeaux. Combattu par les Romains, il se réfugie en Espagne pour y être assassiné en 415. Son successeur après Sigéric (415), le roi Wisigoth Wallia (415-419), se fédère avec les Romains, et défait les autres tribus barbares (Alains, Vandales, Suèves) qui étaient parties conquérir l'Espagne. En récompense, il se fait livrer en 418 une partie de l'Aquitaine IIème, avec plusieurs villes considérables des environs, dont Toulouse.
  En 414, joints aux Alain et aux Suèves, ils assiégèrent Bazas après avoir pillé Bordeaux. Bazas était alors troublé par une révolte de la plèbe et des esclaves contre les riches. Pour sauver sa vie, un notable, Paulin de Pella, petit-fils d'Ausone, traita avec les Barbares qui obtinrent des terrains autour de la ville. Puis un groupe de barbare s'installe sur la rive droite dans une partie du grand domaine d'Yvrac dans ce qui deviendra Bassens.  
  Ils s'y établirent et furent même reconnus comme citoyens de Bazas. D'après un historien de Bazas, O'Reilly, certains noms de localités rappellent cette occupation Gageas, autrefois Gothjicum; Sauviac, autrefois Sueviacum (Suèves) Sigalens, autrefois Sit-alanus. (Allains).   
  Les Wisigoths, qui avaient appris à connaître les bienfaits de la civilisation romaine, reçurent de Rome, l'Aquitaine, à condition de défendre l'Empire et d'obéir aux ordres de guerre des empereurs romains. C'est ainsi qu'ils aidèrent le général romain Aetius à arrêter Attila, chef des Huns (451).    
     
  De 466 à 485 c'est le règne d'Euric roi des Wisigoths qui tint sa cour à Bordeaux où il reçoit même des ambassadeurs de Perse.  
  A la fin du IIIème siècle, une restructuration totale de l'urbanisme se produisit à Bordeaux comme dans bien d'autres villes. On construisit les courtines et les tours imposantes de la première enceinte en découpant arbitrairement la ville ouverte ancienne. Ces travaux colossaux s'articulaient autour de la construction d'un vaste bassin portuaire sur la Deveze. Désormais, bien que quelques monuments subsistaient en périphérie, Bordeaux ne s'enorgueillit plus de l'opulence de ses temples mais de la puissance de ses murailles.  
  Les wisigoths occupèrent la région jusqu'à la bataille de Poitiers en 507. Le pays fut alors annexé par Clovis et les francs. Mais, les Wisigoths étant hérétiques, eurent contre eux les Évêques qui aidèrent Clovis et les Francs à pénétrer dans l'Aquitaine au début du VIe siècle. Ces hommes du Nord, rudes et pauvres, mirent à sac la Novempopulanie et lui firent subir un régime d'épouvantable terreur que rendirent encore plus affreux les famines et les épidémies.  
  Cela ne changea rien au mode de vie de Bordeaux qui vivait comme à la fin de l'époque Gallo-romaine et qui passa cette épreuve en continuant le commerce. Les évêques de la famille des Léonce et les grands propriétaires s'efforcent de conserver autour de la ville un vignoble de qualité.  
  580 : invasion des Gascons, Ibères non latinisés.  
  Vers 587, l'évêque Bertran (Berthecramnus) organise le culte de Saint seurin et la première basilique lui fut dédiée.  
  Vers 643, au confluent de l'eau bourde est fondée au temps de Dagobert le premier monastère Bénédictin au sud de la Garonne (Sainte croix). Les villages de la banlieue s'animent, Mérignac (ancienne exploitation commerciale) grandit autour de son église Saint Vincent, ainsi que Floirac et Saint Médard.  
   
  L'invasion musulmane déferle d'Espagne en 732 et bouscule les défenses du duc Eudes. La région est libéré par les Charles Martel en 734. Depuis ce jour le duché est entre les mains des francs, pépin le bref en 768 et Charlemagne en 769. Bordeaux est alors gouverné par des comtes carolingiens (Séguin, guillaume) qui assurent sa défense contre les gascons et bientôt contre les pirates scandinaves (les vikings).  
  En 848, bordeaux fut incendié par les normands. Tout ce qui restait du 'Burdigala' disparut dans les flammes.  
  Le titre de duc fut tenu successivement par le comte de Poitiers 878-90, le comte d'auvergne 890-97 et à nouveau par le comte de Poitiers jusqu'à la mort de premier seigneur Guillaume X (guillaume le bon) en 1137. Sa succession passe aux ducs de Gascogne puis aux ducs d'aquitaine qui font construire le château de l'ombriere à l'angle sud est des remparts. Durant ce temps on reconstruisît l'église Saint Serin et Sainte croix. Les pèlerins allant à Saint jacques de Compostelle passent nombreux par Bordeaux et par les hôpitaux de la banlieue Sud (Saint jacques, bardenac, cavac)  
  A la fin du XI°siècle la ville est administrée pour le compte des ducs d'Aquitaine par des viguiers et des prévôts siégeant à la maison forte de Puy Paulin.  
  Au moyen-âge le port était sur les berges de la rive gauche Garonne aux pieds des fortifications.
  Il n'y avait pas de quais mais un sol boueux à la mauvaise saison. Il n'y avait pas non plus d'appareils de levage, les hommes chargeaient et déchargeaient eux-mêmes les marchandises.
  Quelques hangars aux pieds des murailles servaient à entreposer les marchandises La Garonne, la "mer" , comme on l'appelait encore naguère car elle est agitée par les marées, a une amplitude entre hautes et basses eaux de 5 mètres en moyenne. Pour ceux qui ont l'audace et l'habileté de chevaucher les marées, c'est une facilité de transport sur de grandes distances, autour de Bordeaux depuis le Verdon, Castillon-la-Bataille et La Réole . Cependant, le port a toujours dû composer avec cette particularité. Il a longtemps abrité ses bateaux dans les affluents ou dans leurs embouchures. Sur la rive garonnaise, à certaines époques, et notamment au Moyen Age, des appontements enjambaient les vases et se portaient au devant des embarcations. Surtout, la berge naturelle a été refaçonnée en des atterrissements, sols en pente douce, gravés ou dallés, où les bateaux venaient s'échouer à marée haute.
  Arriva la célèbre Aliénor d'Aquitaine, successeur du comte de Poitiers qui fut mariée à 15 ans (annexion à la couronne oblige!) au futur Louis VII (Louis le Jeune, fils du roi Louis VI) en 1137 à Saint-André de Bordeaux. De 1147 à 1148, lourdement chargés de taxe, les bourgeois se révoltent contre les officiers français.  
  Le port antique sur la Deveze s'était depuis longtemps envasé. Les activités portuaires se reportèrent sur le Peugue, au sud de la première enceinte ; le faubourg Saint-Eloi se développa et vers le début du XIIIème siècle fut clos d'une deuxième enceinte greffée sur la première. Près de la confluence du Peugue et de la Garonne, au coeur de cette nouvelle géométrie urbaine, s'était développé le château de l'Ombrière, siège du pouvoir ducal.  
  Le bourg Saint Éloi était un nouveau quartier construit au XII°siècle. Il se situait au sud du castrum. Il était protégé par un fossé, entouré de deux murailles avec sept portes. Ses rues étaient étroites, sinueuses, sales mais bruyantes et animées car elles menaient à la place du marché. C'était le quartier des marchands.
  Au XII° siècle ont été construits au Sud de la ville des quartiers nouveaux comme Ste Eulalie, Ste Croix, et St Michel qui sont aussi fortifiés. Leurs rues sont plus larges et droites. De nombreux artisans y vivent et y travaillent.  
  Les maisons Bordelaises aux façades étroites avaient toutes un jardin ou un terrain pour ranger le bois ou parquer des animaux. Certains habitants y construisaient une véranda de bois pour agrandir leur habitation.
-  Il y avait deux sortes de maisons, les maisons des pauvres étaient faites en torchis avec des colombages et parfois des encorbellements. Elles n'étaient pas très grandes et elles avaient rarement des étages. "LES OUSTAUS" maisons en pierres (des riches) étaient plus grandes que celles des pauvres.
 
  Pour se procurer de l'eau, les habitants devaient sortir de chez eux pour aller la puiser dans les fontaines publiques, les puits, ou même dans le fleuve.
  Dans la ville de Bordeaux, on trouvait aussi deux sortes de bâtiments religieux : Les églises et les monastères. Parmi les églises, la cathédrale St André était la plus vaste. D'autres existent encore de nos jours comme Saint Michel ou Saint Pierre. Sainte Croix et Saint Seurin étaient les deux principaux monastères. A l'angle du Sud-est du castrum on trouvait LE PALAIS DE L'OMBRIERE. Ce palais était la demeure des Ducs d'Aquitaine.
  En 1148: échec de la seconde croisade à laquelle participent Aliénor et Louis VII.  
  En 1152, jugée cousine proche de Louis, elle divorça et épousa le 18 mai 1152le futur Henry II Plantagenêt ( Devenu roi en 1154). Le royaume d'Aquitaine bascula du coté anglais durant 300 ans ainsi que la Gascogne (unifiée depuis 1052). Lorsqu'elle mourut, l'aquitaine passa à son fils John d'Angleterre. L'aquitaine restera anglaise jusqu'en 1453 (Fin de la guerre de cent ans).  
  En 1155, Bertrand de Blanquefort, Grand Maître du Temple est élu Grand Maître de la corporation des maçons britanniques.  
  Dans la seconde moitié du XII° siècle, l'afflux d'immigrant venant des campagnes provoqua la formation d'un populeux faubourg au sud de la ville murée. C'est la création d'un quartier marchand et artisan (La rousselle, les Aures, rue Bouquiere). Un marché "Lou mercat" s'établit avant 1155 sur la rive droite du Peugue (place Fernand Lafargue).  
 

Personnage politique qui tint une grande place sur la scène diplomatique internationale, en Europe, comme à la deuxième croisade, elle fut aussi une reine de légende, celle des cours d'amour de ses capitales comme Poitiers, chantée par les troubadours, le Blayais Jaufré Rudel ou Bertrand de Born. Le livre qu'elle tient passe pour être un roman ou une oeuvre lyrique et non une Bible. C'est elle qui privilégia l'abbaye de Fontevrault, centre d'éducation de son fils Jean sans Terre, de retrait pour elle et nécropole royale où elle repose aux côtés d'Henri II, de Richard Coeur de Lion et des siens

Détail de la statue funéraire (pierre polychromée, long. : 2,27 m. ), tombeau des Plantagenêt. Église de l'Abbaye de Fontevrault (Maine-et-Loire).

    Gisant d'Aliénor d'Aquitaine (1122 - 1204).
  En 1159, se constitue le bourg de Saint Éloi. Ce bourg recevra au début du XIII° siècle une enceinte solidement fortifiée (Aujourd'hui le Cours Victor Hugo).  
  Il faut noter que la présence anglaise était très bien acceptée par les autochtones. Les esprits étant fort rebelles à l'arrivée des anglais et prompt à la rébellion, l'Angleterre a pratiqué la politique de mariage entre nobles anglais et locaux et surtout une défiscalisation de la province. En 1189, mort d'Henri II Plantagenêt. Avènement de Richard Cœur de Lion.  
  En 1199 la vieille reine Aliénor et Jean sans terre accordèrent à Bordeaux les premières "libertés".Aliénor resta toujours duchesse de Bordeaux de 1137 à sa mort en 1204. Elle administra son duché seule ou en collaboration avec son mari et ses enfants, multipliant les tournées, dispensant les privilèges et activant de grands travaux.  
  En 1206, sans que l'on sache comment, les bordelais se sont donnés une administration autonome: un maire et des jurats. Ainsi commence l'histoire municipale de bordeaux avec pour premier maire Pierre Lambert en 1208.  
  Mais à chaque élections, les riches familles (Colom et Soler) fomentent de graves émeutes. Pourtant la municipalité s'entête à essayer de mettre de l'ordre dans les institutions par la rédaction d'"établissements". Le maire est élu pour un an par 50 jurats chargés de la police (1254). Ils siègent à Saint Éloi.  
  Cependant le maire et les jurats sont toujours assujettis aux règles de féodalité et doivent prêter allégeance au roi-duc par l'entremise de son représentant le sénéchal de Gascogne.  
  Mais devant ces graves troubles incessants lors de l'élection du maire, le prince Édouard saisit la maire en 1261. Pendant ce temps les couvents des ordres mendiants (Franciscains et Jacobins) s'installent hors de la ville et en 1289, les chanoines de Saint Seurin pour ranimer le rayonnement de leur sanctuaire créent le culte d'un mystérieux Saint Fort qui finira par éclipser leur propre patron.  
  Cette époque anglaise fait la fortune de Bordeaux du fait des privilèges royaux et de la forte demande anglaise pour les vins. Les vignobles se développent partout : Dans tout le faubourg Saint Seurin, à Capdeville, à Naujac, aux Arènes, dans les Graves au sud de la ville, à Saint Nicolas, à Saint Laurent d'Escures (Lescures), à Pessac ou se trouvent les fameux vignobles de l'Archevêque (pape Clément), à Lormont. A la fin du XIII°siècle, on défriche une vaste partie de foret royale (Talence, Gradignan, Léognan, le Bouscat) pour planter de nouveaux vignobles.  
 

Les privilèges royaux sont exceptionnels pour l'époque :

- Exemption de la coutume (droit de douane)

- Vente de la récolte avant celle des pays d'amont (11 Novembre puis plus tard Noël).

 
  Le haut pays gascon (En amont de Saint Macaire) alimente le marché d'exportation de vin de bordeaux en vin de l'agenais, de Cahors, de Moissac et de Gaillac.  
  Il advint qu'au début de la guerre de cent ans, beaucoup étaient du coté anglais sachant fort bien que le retour à la royauté française amènerait inévitablement la perte de tout leur privilèges. En fait l'armée anglaise étaient constituées de moitié par les gascons.  
 

Les franklins considérait le roi godon comme un simple vassal du roi de France pour ses possessions en territoire aquitains et gascons. Il devait donc obédience au roi français pour ses possessions. D'ailleurs le début de la guerre de Cent ans vient tout simplement du refus de plier le genou du roi anglais devant le roi français.

 
  En 1493 construction de la porte Cailhau.
  A partir de la Renaissance, Bordeaux est réputé pour ses juristes. Cependant son université trop traditionnelle n'est pas connu. En 1533, la Jurade crée au collège de Guyenne un enseignement basé sur le théâtre et donne une grand place littéraire à la ville.  
  En 1572, l'enseignement est repris par les jésuites. Simon Millange développe l'imprimerie bordelaise et Clément Jannequin y est réputé pour sa musique.  
  En 1580, Michel Eyquem de Montaigne, conseiller au parlement puis maire de la ville, publie ses oeuvres. Durant cette période le commerce est florissant, d'ou la construction des entrepôts et ports des chartreux. Ce sont des maisons principalement utilisées par les étrangers, elles sont adossées aux vignes et aux marécages. Cependant Bordeaux reste impraticables tant ses rues sont étroites. Seuls l'art religieux y fait démonstration (Rétable de la chapelle saint joseph en l'église Saint Michel).
  Le XVI°siècle fut agité. Tout d'abord les guerres de religion y firent rage. En 1542 y fut brûlé le célèbre d'Aymon de la voye. En 1548 a lieu la révolte de la Gabelle et le massacre du lieutenant du roi Tristan de Monein. En 1562 la guerre protestant amena l'attaque du château trompette.  
  Cependant la ville resta catholique sous la conduite du parlement. Les procès et condamnation s'y multiplièrent. Le maire en 1597, fut le maréchal d'Ornano, homme charitable et très pieux qui s'efforça d'embellir la ville.  
  Le XVII°siècle fut encore agité et en 1635, le quartier artisanal et commercial de Saint Michel se couvrit de barricades. L'épisode le plus important de la Fronde fut le moyen employé par les bourgeois bordelais. Ceux ci se réunissaient sur une plateforme plantée d'orme près de Sainte Eulalie pour haranguer la foule. Ils prirent finalement le nom de l'"ormée d'expression politique"  
  En 1675, les paysans se révoltent et entrent à Saint Michel. Louis XIV envoie l'armée.  
  La répression y fut très dur. Le château trompette est rénovée et tout le quartier est détruit. Ainsi le château peut maintenant surveiller efficacement la ville. C'est maintenant un intendant nommé par le roi qui dirige la ville. L'histoire retiendra Claude Pellot connu pour son embellissement de la ville. Les jurats existent encore mais sont placés sous le contrôle de l'intendant.  
  De Charles VII à Louis XIV

Charles VII fait édifier les Châteaux Trompette et Du Hâ pour surveiller la ville hostile et à cette époque le commerce avec l'Angleterre s'effondre.

 
  Louis XI magnanime restitue à Bordeaux ses libertés et crée le parlement en 1462.  
  En 1585, Montaigne devient maire. La ville apaisée trouve dans le commerce du pastel de Garonne une nouvelle source de profit.  
     
  Mais pendant les luttes de la Fronde entre la noblesse française et le roi, les bourgeois de Bordeaux forment la conjuration de l'Ormée.  
  Ce n'est qu'en 1653, quand le jeune Louis XIV fait son entrée dans la ville soumise par les armes, que Bordeaux accepte enfin d'être partie du royaume de France.  
  La religion catholique eut une réforme engagée par le cardinal francois de Sourdis à partir de 1599. Henri de Béthune efforça d'en porter le message dans toutes les paroisses bordelaises. Une nouvelle chartreuse fut fondée et parmi les nouveaux ordres religieux on retiendra Sainte Jeanne de Lestognac et la congrégation de notre dame vouée à l'éducation des filles.  
  Bordeaux avant même la révocation de l'édit de Nantes détruisit en janvier 1685 le temple de bègles. Pourtant du fait de la prépondérance du commerce et des relations avec des pays protestants, bordeaux joua le rôle de refuge et de plate forme d'évasion pour les protestants.  
  La seconde apogée de Bordeaux va du milieu du XVII ème siècle à la Révolution française. Le siècle d'or de la ville est d'abord celui de son port, dont le trafic s'est considérablement diversifié depuis le difficile redémarrage du XVI ème siècle.  
  Ce siècle voit toujours Bordeaux entouré de remparts avec sa banlieue plantée de vigne et de marécage. Le faubourg Saint seurin se couvre de Bourdieux (maisons d'agréments).  
  Le vin reste le produit bordelais par excellence. Il naît alors les grands crus de vin rouge à haut brion et dans les châteaux médocains alors que le clairet bordelais se vend de moins en moins en Angleterre.  
  A la fin du XVII°siècle démarre le commerce avec les Antilles d'ou proviennent le sucre le café, l'indigo et aussi l'esclavage.  
  Les archevêques de la maison de Rohan et les intendants et gouverneurs installés par le roi de France embellissent la ville, assèchent les faubourgs marécageux et insalubres, aménagent les anciens remparts. La ville est une des capitales européennes des Lumières, dont Montesquieu est le précurseur.  
  Le commerce rend la ville prospère et l'intendant Boucher crée de 1726 à 1755, la place royale dessinée par jacques Gabriel.  
  Tourny crée des portes qui ouvrent la ville sur l'extérieur. Il aère la villes grâce à des allées, des places nouvelles et le jardin public.
  Après 1770 l'archevêque de bordeaux crée le palais Rohan qui a pour mérite de faire disparaître les derniers marécages des quartiers de la chartreuse.  
  Puis le maréchal de richelieu fait appel à Victor louis pour créer le théâtre.  
 

Le XVIII° siècle fut faste et les riches négociants n'hésitent plus à se faire construire des demeures plus belles que les nobles. On notera le tailleur Bouffart qui se fit construire un immeuble dans la rue qui maintenant porte son nom.

Ce siècle fut marqué par l'incendie de la cathédrale saint andré le 25 août 1787.

  Le symbole bordelais du commencement de la révolution est le duel entre le libéral monsieur de Marcellus qui tue le conservateur monsieur de Budos. Le tiers état est divisé entre la ville et sa campagne. La campagne délègue deux notaires, un médecin et un propriétaire et la ville un médecin et trois négociants.  
  La ville essaie toutefois de rester modéré en nommant maire un négociant protestant, monsieur Sert et commandant de la garde nationale Durfort duc de Duras.  
  Cependant de plus en plus de club éclosent des Avril 1790. La situation échappe aux modérés en 1792 avec la découverte de deux prêtres égorgés dans la cour de l'archevêché. On entend l'appel de Vergniaud 'homme de la gironde, levez vous" lancé à la tribune de la convention contre la tyrannie montagnarde.  
  Les fanatiques partent se battre en Vendée en 1793. Bordeaux crée une commission populaire chargée de fédérer les résistances provinciales contre paris en envoyant des délégués dans tous les départements.  
  Le 17 octobre 1793, quatre représentants en mission (dont Ysabeau et Tallien) viennent rétablir la convention à la tête de 1650 hommes. Ce fut une époque de terreur avec des réactions violentes comme l'attentat raté contre Tallien le 13 décembre 1793. Jean baptiste Lacombe devient président du tribunal révolutionnaire.  
  Quand s'effondre l'empire napoléonien, Bordeaux est la première ville à accueillir les princes de la maison de Bourbon. En l'honneur de la ville fidèle, le fils du duc de Berry, comte de Chambord, reçoit le titre de duc de Bordeaux.  
 

Ces carrefours inextricables, ces labyrinthes de passages et de bâtisses cette rue des Loups qui rappellent le temps où les loups venaient dévorer les enfants dans l'intérieur de la ville, ces maisons-forteresses jadis hantées par les démons d'une façon si incommode qu'un arrêt du Parlement déclara en I596 qu'il suffisait qu'un logis fut fréquenté par le diable pour que le bail en fut résilié de plein droit, ces façades couleur amadou sculptées par le fin ciseau de la Renaissance, ces portails et ces escaliers ornés de balustres et de piliers torses peints en bleu à la mode flamande, cette charmante et délicate porte de Caillaux bâtie en mémoire de la bataille de Fornoue, cette autre belle porte de l'Hôtel de ville qui laisse voir son beffroi si fièrement suspendu sous une arcade à jour, ces tronçons informes du lugubre fort du Burdigala, ces vieilles églises, St André avec ses deux flèches, St Seurin dont les chanoines gourmands vendirent la ville de Langon pour douze lamproies par an, Ste Croix qui a été brûlée par les normands[,] St Michel qui a été brûlée par le tonnerre, tout cet amas de vieux porches, de vieux pignons et de vieux toits, ces souvenirs qui sont des monuments, ces édifices qui sont des dates, seraient dignes, certes, de se mirer dans l'Escaut comme ils se mirent dans la Gironde, et de se grouper parmi les masures flamandes les plus fantasques autour de la cathédrale d'Anvers.